harlem-shake-stopEn ce mois de février glacial, le Harlem Shake vient inlassablement nous réchauffer les oreilles et le popotin. Le web est une grande communauté dans laquelle il semble naturel d’imiter ce qui fait le buzz. Alors du coup pour être dans le coup et avoir l’air cool tout le monde y va de sa version maison du Harlem Shake… Buzz n’est pas forcément synonyme de bon goût ou de génie mais même si le ridicule ne tue pas, halte au massacre !

 

Le Harlem Shake (terme tellement utilisé qu’il pourrait entrer dans le Robert), c’est au départ une vidéo de copains déguisés, singeant des mouvements de « danse » (ou mime d’actes sexuels ?) sur une musique de DJ Baauer. Cette première vidéo du japonais Filthy Frank fut immédiatement suivie de celle de skateurs australiens (The Sunny Coast Skate). C’est ce Harlem Shake v1 qui a signé le départ du mème qui envahit le web aujourd’hui. Plus de 50000 séquences de reprise sur Youtube à ce jour pour plus de 250 millions de visionnages. Même l’équipe Google s’est sentie obligée de faire le sien et ô déception, pas une once de créativité dans leur version, une fidèle reproduction sans plus.

Harlem-Shake v1

Le Harlem Shake v1

Mais qu’a t-il de plus ce Harlem Shake ?

Le Flashmob, la vidéo de groupe décalée et réalisée avec peu de moyens, on le sait, ça marche. Montrer qu’on ne se prend pas au sérieux c’est sympathique, convivial, humain, souvent créatif et parfois sincère. Il semblerait logique que l’humour, l’inventivité, l’originalité soient des critères  de base pour qu’une vidéo de ce type devienne virale. Ben oui mais après la vague Gangnam Style, le « loufoque un brin vulgaire » sur fond de non musique fait à nouveau le buzz. Pourquoi donc ?

Gangnam Style

Le Gangnam Style

Peut être est-ce le choc du ridicule qui a joué : « ça ne ressemble à rien, c’est trop nul, faut absolument partager ça, mdr». Bon il faut dire aussi que c’est la crise, on a besoin de se défouler, d’être légers et après tout pourquoi pas. Le monde entier est donc désespéré et on pète les plombs. Bien sûr, l’autodérision est une bonne chose. Le Harlem Shake est certainement très drôle pour ceux qui le font, comme une vieille blague de potaches, pas de problème avec ça. Ca fait aussi rire les enfants et ça fait perdre des calories à ceux qui participent. Mais bon soyons honnêtes, on peut tout de même constater que :

  • C’est inécoutable et fatiguant
  • Il n’y a aucune créativité, aucune subtilité voire pas mal de vulgarité dans le concept
  • Plus c‘est repris, plus c’est ridicule : et l’originalité bordel ?

Non je n’aime pas le Harlem Shake

Rappelons au passage qu’à l’origine, le Harlem Shake est une vraie danse de rue créée à Harlem, une danse dans la mouvance hip hop, basée sur des mouvements du buste et du bassin qui nécessite souplesse, coordination et pas mal d’entrainement. Mais le talent de ces danseurs des rues, lui, n’a pas eu droit au buzz. Cette rare vidéo sur la danse originale sera la seule de cet article, celles du phénomène sont déjà assez nombreuses, inutile d’ajouter un partage supplémentaire :

Plus le temps passe et plus il me semble ridicule de prendre le train en marche (il fallait bien caser le train, fil rouge de mon blog).

Bref, le phénomène de mode « gnangnan » + « shake your body » ça va bien 5 minutes, on a bien (sou)ri mais stop, nous ne sommes pas obligés de nous comporter comme des moutons au nom du buzz. Il serait dommage que ce qui marche sur le net soit du même genre que ce qui marche à la télé parce que du coup, le net, source intarissable de créativité et de liberté pourra dire : « le Shake(r) m’a tueR » !

[MAJ] du 12/03/2013: Concernant la question « Mais qu’a t-il de plus ce Harlem Shake », voici des pistes de réponse dans cet article de Yann Gourvennec Harlem Shake, nouvelle forme de communion universelle ?